Les formidables pouvoirs des plantes alpines

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Samedi 12 juillet 2014

SANTÉ Les formidables pouvoirs des plantes alpines

 

Le bien-être est dans l’alpage. Et la médecine verte et douce a la cote. Alors suivez le guide, offrant aux remèdes de grand-mère une caution scientifique. Sur les hauteurs, à la cueillette des plantes qui soulagent.

On a beau avoir vu Marc Veyrat à la télé, vous dégoter dans un champ des Aravis le secret du chewing-gum Hollywood et le parfum du chocolat, le massif alpin et ses trésors nous surprendront toujours. Baguenaudant à travers forêts et prairies d’altitude, vous l’ignorez mais vous évoluez dans une grande pharmacie à ciel ouvert où le remède est gratuit. Mais gare, le libre-service de ces plantes magiques n’est pas toujours garanti ! Car selon les secteurs et leur classement, certaines, protégées, ne se ramassent pas toujours à sa guise. Prenez, le génépi. Avec sa fleur emblématique dont on fait une délicieuse liqueur, il s’avère excellent pour combattre la fièvre. Sa récolte est interdite dans le Parc de la Vanoise mais limitée à 100 brins par jour et par personne aux Écrins.

Depuis Rika Zaraï, la médecine par les plantes a souvent été galvaudée. Là, ce sont de véritables pharmaciens, ethnologues de surcroît, qui s’y collent et nous en parlent. Les Alsaciens Christian et Élisabeth Blusser sont des spécialistes renommés en phytothérapie, ethnomédecine et botanique. Ils ont enquêté auprès des anciens dans les Alpes et ont consigné avec précision les traditions séculaires de la médecine populaire. Ces docteurs en pharmacie enseignent la phytothérapie aromathérapie à l’université de Strasbourg. C’est du sérieux. Et leur ouvrage, En bonne santé avec les plantes dans les Alpes est la synthèse, très didactique et pratique, entre le Vidal et l’Almanach savoyard.

Pratiques ancestrales

Les auteurs l’affirment haut et fort : “Les pratiques ancestrales nous aident à mieux vivre aujourd’hui.” Et pour se soigner, des petits bobos aux grands maux, l’Alpe est un formidable gisement de ressources complémentaires à la médecine classique. À condition de savoir lire cette nature généreuse. Les Busser nous emmènent en promenade, guidés par leur savoir qui doit autant aux bancs de la fac qu’aux veillées à entendre les vieux sages leur parler des secrets des plantes. Sans préjugés ni candeur vis-à-vis des bons tuyaux des rebouteux ou des bonnes recettes de grand-mère, leur ouvrage se résume en un adage : science sans bon sens ne serait que ruine de la santé.

Certaines plantes font partie de la pharmacopée populaire des Alpes. Ainsi l’huile de marmotte extraite du prunier de Briançon contre les rhumatismes, ou le benjoin, oléorésine issue du mélèze, très bon pour les contusions. Il y a aussi l’arnica aux vertus anti-inflammatoires que l’on ne présente plus et ces plantes béchiques, adoucissantes pour la gorge. Leurs fleurs dorées pointent leur silhouette à la fonte des neiges.

D’autres sont moins connues. Enquêtant auprès des bergers, l’éthnomédecin Christian Busser a découvert un lys turban. Dans les Hautes-Alpes, l’argousier, sujet de la thèse de son épouse, c’est de la dynamite ! Le fruit d’Europe le plus riche en vitamine C. En 148 plantes, dont la plupart à l’état sauvage, chacun trouvera remède à ses affections. Et ne verra plus les plantes de sa région d’un regard innocent.

"En bonne santé avec les plantes des Alpes et d’ailleurs", Christian et Élisabeth Busser. La Nuée Bleue, le Dauphiné Libéré. Format 13 x 18,5 cm – 168 pages – 12 €.

 

 

Vous pouvez acheter ce livre sur la boutique du Dauphiné Libéré.

 

148 PLANTES REMÈDES “En bonne santé avec les plantes des Alpes et d’ailleurs” donne les recettes issues à la fois des savoirs populaires et de la pharmacopée moderne. De A comme aubépine à V comme vulnéraire des Chartreux, 148 plantes sont répertoriées et classées en fiches synthétiques, avec période de cueillette, vertus thérapeutiques, modes de préparation (infusion, décoction, cataplasme, bain, inhalation, compresse…), précautions médicales et contre-indications. Les remèdes sont réalisés à partir de la plante séchée ou de son huile essentielle.La nature est si bien faite qu’à chaque affection correspond une plante qui soulage. L’angine se soigne à la sauge, l’acné au pissenlit, l’insomnie à la valériane ou à la passiflore, les ballonnements à l’absinthe, la chute des cheveux à l’ortie et la myrtille améliore la vision nocturne.